Tout le monde et son chien a un avis sur Michael Jackson. Et aussi un avis sur le fait que tout le monde ait un avis. Comme toujours lors d'un déferlement médiatique, les médias consacrent une partie de leurs commentaires à leur propre réaction.
Ceci dit, il semblerait que les médias américains soient réellement dans un état proche de la saturation (aujourd'hui, 10 des 20 "titres" de la section Entertainement de Google News sont consacrés, d'une façon ou d'une autre, à Mickael Jackson). Violet Socks (qui pour l'occasion a rebaptisé son blog "Reclusive Mickael Jackson Leftist") a publié un
billet humoristique sur ce sujet ("
Unlike the Beatles, Michael Jackson really was bigger than Jesus. His life was epochal. World history will be dated from his death. As we speak, MSNBC is in talks to change its name to the Michael Jackson National Broadcasting Corporation").
En France, il paraît que les radios sont hyperboliques sur le sujet. Il n'y avait plus de
Libération au kiosque cet après-midi (à se demander pourquoi ils s'embêtent encore à faire tout un journal, la vente de unes "iconiques" rapporterait sûrement plus, en baissant drastiquement les coûts de fabrication, un modèle économique à explorer pour sauver la presse papier).
L'émotion est réelle, et
mondialisée (une énième démonstration de la
globalisation de la culture américaine ?), et on entend des "ABC" et autres "Black and White" du bois de Vincennes au Monoprix.
Plus analytique, Jonathan Garret, peut-être inspiré par Kantorowicz, voit dans Mickael Jackson l'incarnation littérale de la musique pop et de sa récente fragmentation :
Jackson’s own very public physical decline over the past several years seemed itself to serve as a tragic metaphor for the health of truly popular music, music that has the power to reach and move people on a mass, global scale. Where are the modern day albums not limited by their target demographics, albums equally liked in the suburbs and inner city, by the mechanic and grad student, by mother and son? Jackson’s music will live on well past his untimely death, but the transcendent quality he harnessed may well be gone forever.
‘Thriller’ Was the Apex of Modern Pop, Jonathan Garrett, PopMatters
Le fait est que les célébrités,
elles vous appartiennent. Personnellement, je me souviens surtout que le premier procès défraya la chronique en même temps qu'éclatait l'affaire VA-OM, ce qui ne manqua pas de bouleverser tout un segment démographique de la population résidant en-deça de Valence...
RIP MJ.