jeudi 27 août 2009

Tony Stark will be your sexual freeek

Iron Freeek, NC-17Tony Stark & George Michael & inversement

La ressemblance entre Tony Stark dans son armure (de Iron Man) et George Michael dans son armure itou (de Freeek) est troublante. Si l'inspiration la plus évidente du clip de George Michael est Blade Runner (à ce niveau, il est d'ailleurs plus question de décalque que d'emprunt) peut-être que, dans une perspective oulipienne, on a également à faire à un plagiat par anticipation du film de Jon Favreau, puisque le clip date de 2002, et le film de 2008. A moins que l'inspiration de l'armure du clip ne soit simplement la BD (Iron Man étant un comics avant que d'être un film, rappelons le).

Ou alors, ce sont les designers du film qui se sont inspirés du clips, de façon plus ou moins inconsciente. Le fait que Robert Downey Jr. ressemble de plus en plus à George Michael circa Patience (les muscles en plus) plaide dans ce sens.

Quoiqu'il en soit, ce rapprochement conforte la thèse des partisans du kinky suit, rapport à la liaison Tony Stark / She-Hulk.
I rest my case.

dimanche 2 août 2009

The Abominable Charles Christopher, webcomic de Karl Kerschl

Out of the Jaws of DeathExtrait du strip Out of the Jaws of Death, par Karl Kerschl

Récemment (1er juillet), Karl Kerschl a terminé la première partie de The Abominable Charles Christopher. Ce webcomic raconte les "aventures d'un yéti benêt [le Charles Christopher du titre] au sein d'une forêt peuplée d’animaux pittoresques" (the Abominable Charles Christopher follows the adventures of a dim-witted yeti through a forest full of colourful animal characters - site officiel).

Avant le hiatus actuel, nécessaire à la préparation de la suite des aventures de Charles et de ses compagnons, la publication du comic ne s'était jamais interrompue. Depuis juin 2007, Kerschl met systématiquement en ligne un nouveau strip tous les mercredi. Une constance assez rare pour ce type de média !
Autre particularité, Karl Kerschl est un dessinateur professionnel, ce qui explique sa maîtrise graphique, mais pas nécessairement son talent.

The Abominable Charles Christopher est une très belle réussite graphique et narrative. La trame globale est la quête mystique et spirituelle du yéti naïf, mais de nombreux personnages, plus ou moins directement liés à ses aventures, gravitent autour de ce protagoniste.

Dans cette première partie, à l’exception d’un furtif chasseur, moins vu que perçu, il s'agit exclusivement d'animaux et "d'entités" animales dont Karl Kerschl parvient à reproduire et à respecter la physionomie tout en leur conférant des expressions et mimiques humaines très parlantes. Un délicat équilibre qui lui permet de mettre en scène les situations les plus diverses : angoisse des oisillons avant le premier vol, paresse existentielle des ratons laveurs, tentatives de cha-cha-cha d'abeilles excentriques, problèmes conjugaux de vieux couples aviaires, consultations psychiatriques menées par une blatte d’obédience freudienne... Le tout interrompu par les messages à caractère publicitaire propagés par d’impudents putois.

Les ressources visuelles et intellectuelles de Karl Kerschl sont remarquablement variées. Dans combien de BD, en ligne ou papier, un lièvre et un renard jouent-ils Faust de Goethe en compagnie d’un blaireau qui interprète Méphistophélès ?

Outre les vignettes (gags visuels, parodies de soap, scènes bucoliques, interludes philosophiques) et les pérégrinations de Charles Christopher, une histoire récurrente concerne les plantigrades Vivol et Ourse Lune (Moon Bear). Ce récit, qui met en scène la cruauté foncière de la vie des animaux de cirque, est potentiellement le plus mélodramatique. Là encore, Kerschl parvient à respecter un équilibre subtil en distillant une émotion sans forcer le trait.

Entre autres choses, The Abominable Charles Christopher évoque les ambiances sylvestres de Hayao Miyazaki et de David Petersen (Mouse Guard), dont il s’inspire peut-être. Et qu’il ne dépareille pas.

  • The Abominable Charles Christopher, par Karl Kerschl. L'intégralité de la BD est lisible sur le site, dans la partie archives.
    D'après le message de l'auteur daté du 1er juillet, une édition papier est en cours.

  • The Abominable Charles Christopher appartient au collectif Transmission X.

dimanche 26 juillet 2009

Wii Sports Resort

Depuis 20 ans Nintendo produit des itérations de la Game Boy / DS avec autant d'allégresse que les joueurs en mettent à les acheter toutes successivement. Chaque nouvelle console intègre des améliorations réelles et / ou symboliques pour justifier le remplacement d’objets encore utiles et en état de fonctionnement. Le triomphe de l’obsolescence programmée.


Wii Sports Resort peut s’envisager sous cet angle, vendu avec le “wii motion plus”, le jeu sert à promouvoir l’accessoire dont il n’aurait pas été totalement inconcevable qu’il soit intégré dans les manettes Wii dés la sortie de la console. Si Sega produisait encore des consoles de jeu, nul doute que la firme aurait procédé de la sorte. Avant d’arrêter la production de sa machine.

Vendu en bundle avec la console, il s’est écoulé plus de 45 millions d’exemplaires du premier Wii Sports, une performance quelque peu déconnectée de la valeur intrinsèque du, ou plutôt, des jeux en question. La version Resort propose le même genre d’activités, “améliorées” par les performances supérieures du “motion plus” en termes de reconnaissance de mouvement. On peut ainsi s’adonner à divers sports virtuels : frisbee, kendo, jet-ski, tennis de table, canoë kayak, cyclisme, ski nautique, tir à l'arc, basket-ball, sports aériens, golf et bowling. Ces deux dernières activités étant déjà présentes dans Wii Sports premier du nom.

Wii Tir à l'arcTir à l'arc : bientôt un Robin des Bois sur Wii ?

La notion de Resort est également exploitée, puisque le joueur est en vacance dans une île, sur laquelle se déroulent toutes les activités. L’environnement insulaire et estival est cohérent et distille une véritable ambiance. Elle se reflète même dans la tenue du Mii, revêtu par moment d’une chemise hawaïenne du plus bel effet.
Il y a d’autres petites touches sympathiques : le joueur est littéralement parachuté sur l’île, le frisbee peut se jouer sur la plage avec un mignon petit chien (qui est triste en cas de mauvais lancer), une famille de canards accompagne les courses de canoë, l’exploration aérienne est possible à différentes heures de la journée...

Wii frisbee dogFrisbee : bientôt un Beverly Hills Chihuahua sur Wii ?

Triomphe du casual gaming, Wii Sports Resort échappe au totalement anecdotique avec de véritables réussites. Dont le tir à l’arc, le kendo, le tennis de table et, dans une moindre mesure, le basket-ball. Le tir à l’arc est bien mis en scène, l’association Wiimote / Nunchunk permettant, toute proportion gardée, d’approcher la gestuelle réelle de façon satisfaisante. Le kendo est l’occasion de se défouler à grands coups de bâton virtuels et propose même une option iado (l’art de tirer le sabre) amusante. Il est possible de donner de l’effet aux balles de ping-pong et, malgré leur simplicité, les parties de basket sont prenantes.

wii iaidoIaido : bientôt un Lone wolf & Cub sur Wii ?

Frisbee (en mode manuel exclusivement, le mode automatique étant quasi injouable), golf et bowling sont agréables, mais sans surprise. Si ce n’est que le bowling, en devenant plus “réaliste”, est également devenu plus corsé que dans Wii Sports.

De façon notable, les jeux les moins intéressants sont ceux qui engagent le moins le corps et qui se jouent exclusivement en manipulant la manette, sans même qu’il soit réellement nécessaire d’être debout : les jeux aquatiques (jet-ski, canoë kayak, ski nautique) et les jeux aériens (exploration en avion, saut en parachute).
Quant au “cyclisme”, mieux vaut ne pas en parler.

Ceci dit, et malgré la campagne publicitaire qui emploie des sportifs professionnels pour vanter le jeu (cf. le pongiste Darius Knight), l’activité physique dans Wii Sports Resort se réduit à une simple gesticulation (qui peut toutefois être frénétique en cas d’implication totale dans le kendo par exemple). On fait encore moins de sport qu'avec Wii Fit, c'est dire ! Mais au moins on s'amuse.

Outre son ambiance, de nouveaux jeux et une difficulté marginalement accrue, Wii Sports Resort est plus satisfaisant à jouer seul(e) que son prédécesseur, même si les affrontements à plusieurs sont toujours plus épiques. Un réel Master of the Minigame, comme l'écrit Chris Kohler dans Wired.


mercredi 22 juillet 2009

Comic-Con 2009 et marcels de la Marvel

Le Comic-Con 2009 de San-Diego ouvre ses portes demain (voire, cette nuit, pour la "preview night"). Parmi moult animations, débats et actions promotionnelles, les trois plus importants événements sont certainement :

  1. La venue des acteurs principaux d'Iron Man 2 : Robert Downey Jr., Mickey Rourke et Scarlett Johansson, ainsi que du réalisateur Jon Favreau (à ne pas confondre avec le Jon Favreau qui écrit les discours du président Obama) ;

  2. La présence de Robert Pattinson, qui parlera de New Moon, la suite de Twilight. Ou qui se contentera de se faire aduler par ses fans en délire ;

  3. La présentation de 20 minutes d'Avatar par James Cameron. Avec ce projet longtemps couvé, le réalisateur de Titanic espère introduire de la nouveauté dans un marché ultra-dominé par les suites (cf. supra) et les adaptations de licences (cf. supra bis). Et si ça ne marche pas, il pourra toujours se rabattre sur une autre adaptation, celle de Gunnm, le manga de Yukito Kishiro.
Pour en revenir à Iron Man 2, et à notre étude continue des marcels de la Marvel, examinons les nouveaux documents iconographiques dont nous disposons :

Quand on est riche comme Tony Stark, on peut se payer des niveaux à bulles high-tech
Créatine + marcel noir + lunettes de Bono = Tony Stark / Iron Man

On se souviendra que la dernière occurrence en date de marcel de la Marvel concernait Wolverine (Origins), avec le délicat détail de la déchirure en forme de X. Ici, Tony Stark révolutionne le marcel en osant le noir. Du coup, on perd la filiation graphique avec Stanley Kowalski.

Un pari vestimentaire audacieux, mais qui peut se justifier compte tenu de la transformation du personnage. Il est certain que la couleur sombre fait ressortir l'unibeam pectoral (le truc bleu qui brille). Dans Iron Man 1, l'unibeam était dissimulé de façon peu esthétique sous le marcel (blanc, donc). Tony Stark s'est apparemment fait confectionner un marcel personnalisé (il a les moyens) qui s'adapte à sa transformation physique / physiologique et la met en valeur.

Au chapitre des transformations physiques, on constate également que Robert Downey Jr. a définitivement altéré sa carrure de gringalet cocaïnomane. Encore une fois, c'est Wolverine / Hugh Jackman qui a initié la sur-enchère musculaire, surtout au niveau des pectoraux. Pourtant, Tony Stark n'a pas nécessairement besoin d'être fort, c’est tout l’intérêt de son armure. Et Downey Jr. était plus beau avant. Des sujets sont on espère qu'ils seront discutés au Comic-Con.
  • Comic-Con 2009: Mecca for mad pop obsessions (LA Times, 21 juillet 2009) : "Spandex will be tested by every sort of body shape and, while it won’t always be pretty, it will be forever documented on YouTube."

  • Anticipating Comic-Con ‘09 (Pop Matters, 22 juillet 2009) : "Despite retaining the name “Comic-Con”, these days the convention bills itself as the largest pop-culture gathering in America."

lundi 20 juillet 2009

Une Nouvelle ou Ultime frontière ?

The great new American enterprise"Now it is time to take longer strides - time for a great new American enterprise - time for this nation to take a clearly leading role in space achievement, which in many ways may hold the key to our future on earth."

Special Message to the Congress on Urgent National Needs, John F. Kennedy, 25 mai 1961

Il semblerait que le nom du vaisseau du capitaine Kirk fasse référence à des bateaux éponymes (dont le premier serait français), plutôt qu'aux ambitions spatiales du président Kennedy.

Dans un autre discours, le 12 septembre 1962 (Address at Rice University on the Nation's Space Effort), Kennedy introduit la célèbre formule de "nouvelle frontière" : What was once the furthest outpost on the old frontier of the West will be the furthest outpost on the new frontier of science and space.
Dans le générique original de Star Trek, il est question "d'ultime frontière" (final frontier), une formulation dont la tournure plus dramatique peut lui faire supplanter l'originale (sans compter que M. Spock est plus sympathique que Lyndon B. Johnson).

Tout ça pour dire qu'il y'a 40 ans, on a marché sur la lune :

dimanche 19 juillet 2009

Safari photo ardéchois

En Ardèche, Terre d'Audace (c), il y'a :

Quick ! To the Bat-bouée !

Des Bat-bouées ! Indispensable en cas d'affrontement Bruce Wayne / Namor, par exemple.


Kro meugnon !
De mignons petits chats ! Michael (hommage), trouvé dans le jardin et adopté au pied levé.


Mothra en devenir
Des monstres effrayants ! Monstre placide qui porte un joli nom en l'occurrence puisqu'il s'agit d'un Grand paon de nuit (Saturnia pyri), une chenille qui se transforme en un des plus grands papillons d'Europe.
Pour plus de détails, voir le Journal entomologique de Pierre-Jean Bernard.

samedi 11 juillet 2009

On a les detox qu'on peut

Unplug !La "Semaine sans télé" étant devenue un peu has been, les animateurs d'Adbusters ont créé la "Semaine sans écrans" ou Digital Detox Week.


Il s'agit de se débrancher pendant une semaine de tous les nouveaux écrans : ordinateurs en premier lieu, mais aussi téléphones portables, PDA, consoles de jeux... dans le but de se "reconnecter avec le monde naturel et les gens autour de soi" (reconnect with the natural world and the people around you).

Officiellement, cette petite action a lieu du 20 au 26 avril, mais on a le droit de la reproduire quand on veut ! (ou quand on y est forcé par des séjours dans l'Ardèche Sauvage©).

Le paradoxe, évidemment, étant que cette démarche est expliquée et promue sur internet. La critique plus globale selon laquelle Adbusters utilise les méthode de la publicité et du marketing pour diffuser un message anti-publicité et anti-marketing n'est certes pas nouvelle.

La page du site Adbusters envoie vers des retours d'expériences relatives à cette semaine sans écrans, notamment 10 Things I Learned from Mental Detox Week sur la blog de Iain Tait.
Il est également question de Nicholas Carr et de son célèbre article "Is Google Making us Stupid ?", dont la traduction française est disponible sur Framablog : Internet et Google vont-ils finir par nous abrutir ?

Une semaine sans écran peut ainsi être l'occasion de lire des articles sur internet, histoire de ne pas se sentir trop déconnecté, le magzine Books joue ainsi la surenchère par rapport à Carr avec un dossier intitulé Internet rend-il encore plus bête ?