Depuis 20 ans Nintendo produit des itérations de la Game Boy / DS avec autant d'allégresse que les joueurs en mettent à les acheter toutes successivement. Chaque nouvelle console intègre des améliorations réelles et / ou symboliques pour justifier le remplacement d’objets encore utiles et en état de fonctionnement. Le triomphe de l’obsolescence programmée.
Wii Sports Resort peut s’envisager sous cet angle, vendu avec le “wii motion plus”, le jeu sert à promouvoir l’accessoire dont il n’aurait pas été totalement inconcevable qu’il soit intégré dans les manettes Wii dés la sortie de la console. Si Sega produisait encore des consoles de jeu, nul doute que la firme aurait procédé de la sorte. Avant d’arrêter la production de sa machine.
Vendu en
bundle avec la console, il s’est écoulé plus de 45 millions d’exemplaires du premier
Wii Sports, une performance quelque peu déconnectée de la valeur intrinsèque du, ou plutôt, des jeux en question. La version
Resort propose le même genre d’activités, “améliorées” par les performances supérieures du “motion plus” en termes de reconnaissance de mouvement. On peut ainsi s’adonner à divers sports virtuels : frisbee, kendo, jet-ski, tennis de table, canoë kayak, cyclisme, ski nautique, tir à l'arc, basket-ball, sports aériens, golf et bowling. Ces deux dernières activités étant déjà présentes dans
Wii Sports premier du nom.
Tir à l'arc : bientôt un Robin des Bois sur Wii ?
La notion de
Resort est également exploitée, puisque le joueur est en vacance dans une île, sur laquelle se déroulent toutes les activités. L’environnement insulaire et estival est cohérent et distille une véritable ambiance. Elle se reflète même dans la tenue du Mii, revêtu par moment d’une chemise hawaïenne du plus bel effet.
Il y a d’autres petites touches sympathiques : le joueur est littéralement parachuté sur l’île, le frisbee peut se jouer sur la plage avec un mignon petit chien (qui est triste en cas de mauvais lancer), une famille de canards accompagne les courses de canoë, l’exploration aérienne est possible à différentes heures de la journée...
Frisbee : bientôt un Beverly Hills Chihuahua sur Wii ?
Triomphe du
casual gaming,
Wii Sports Resort échappe au totalement anecdotique avec de véritables réussites. Dont le tir à l’arc, le kendo, le tennis de table et, dans une moindre mesure, le basket-ball. Le tir à l’arc est bien mis en scène, l’association Wiimote / Nunchunk permettant, toute proportion gardée, d’approcher la gestuelle réelle de façon satisfaisante. Le kendo est l’occasion de se défouler à grands coups de bâton virtuels et propose même une option iado (l’art de tirer le sabre) amusante. Il est possible de donner de l’effet aux balles de ping-pong et, malgré leur simplicité, les parties de basket sont prenantes.
Iaido : bientôt un Lone wolf & Cub sur Wii ?
Frisbee (en mode manuel exclusivement, le mode automatique étant quasi injouable), golf et bowling sont agréables, mais sans surprise. Si ce n’est que le bowling, en devenant plus “réaliste”, est également devenu plus corsé que dans
Wii Sports.
De façon notable, les jeux les moins intéressants sont ceux qui engagent le moins le corps et qui se jouent exclusivement en manipulant la manette, sans même qu’il soit réellement nécessaire d’être debout : les jeux aquatiques (jet-ski, canoë kayak, ski nautique) et les jeux aériens (exploration en avion, saut en parachute).
Quant au “cyclisme”, mieux vaut ne pas en parler.
Ceci dit, et malgré la campagne publicitaire qui emploie des sportifs professionnels pour vanter le jeu (cf. le pongiste
Darius Knight), l’activité physique dans
Wii Sports Resort se réduit à une simple gesticulation (qui peut toutefois être frénétique en cas d’implication totale dans le kendo par exemple). On fait encore moins de sport qu'avec
Wii Fit, c'est dire ! Mais au moins on s'amuse.
Outre son ambiance, de nouveaux jeux et une difficulté marginalement accrue,
Wii Sports Resort est plus satisfaisant à jouer seul(e) que son prédécesseur, même si les affrontements à plusieurs sont toujours plus épiques. Un réel
Master of the Minigame, comme l'écrit Chris Kohler dans Wired.