La règle de Bechdel
La règle dite "de Bechdel" fait référence à un comic strip créé il y'a de ça presque 20 ans par la dessinatrice Alison Bechdel (Dykes to watch out for, Fun Home)*. La règle est énoncée par une des protagonistes de son strip et elle lui a été soufflée par une de ses amies, Liz Wallace, mais elle porte tout de même son nom ! Elle concerne le cinéma et les revendications qu'on peut avoir vis-à-vis des films.
La règle énonce "trois exigences simples", un film doit :
1/ avoir au moins deux personnages féminins qui…
2/ parlent ensemble de…
3/ quelque chose qui ne soit pas un homme. **
Dans la bande dessinée en question, cette règle sert au personnage à déterminer le genre de film qu'elle souhaite aller voir. Même dans un contexte plus global, il ne s'agit pas du critère ultime et indépassable pour déterminer si un film est bon ou (vaguement) féministe ou les deux ou quoi que ce soit d'intermédiaire. Il est cependant notable que les films (les grosses machines hollywoodiennes comme les productions plus confidentielles) satisfont rarement à cette règle.
Cela souligne cruellement la vision du monde d'une majorité de réalisateurs : un univers peuplé d'hommes qui font des trucs d'hommes (être en proie aux affres de la création, massacrer des gens, copiner avec des robots géants, sauver le monde, etc.) avec, éventuellement, des auxiliaires féminines : mère, sœur, épouse, copine, scientifique à la grosse poitrine… qui n'existent qu'en tant qu'elles se définissent par rapport au(x) protagoniste(s) masculin(s).
Le fait que le milieu du cinéma (dirigeants des studios, réalisateurs, scénaristes) soit très peu féminisé n'y est certainement pas pour rien.
Par ailleurs, la notion selon laquelle une histoire mettant en scène principalement des femmes occupe une niche particulière est toujours prégnante : les histoires "universelles" étant des histoires d'hommes, qu'il s'agisse d'être en proie aux affres de la création, de massacrer des gens, de copiner avec des robots géants et/ou de sauver le monde.
Cette idée vaut pour pratiquement toutes les formes de récits (voire, d'art) mais elle est particulièrement efficiente dans le cas du cinéma, qui est un art (parfois) et une industrie (souvent). Dans ce contexte, une rumeur selon laquelle Warner Bros. a décidé d'arrêter de produire des films avec un homme comme personnage principal est tellement absurde qu'elle ne peut pas se propager, mais l'inverse peut être crédible (avant démenti).
Pourquoi faire des films pour ce qui est considéré comme un marché de niche (les femmes, qu'il faut encore subdiviser par âge) quand les histoires "universelles" attirent un public plus massif et plus varié ? (voire, susceptible de retourner voir 300 ou Transformers trois ou quatre fois).
Parce qu'en appliquant la règle de Bechdel Transformers (3ème au box-office US) et 300 (8ème au box-office US) n'existent plus ? Cela peut constituer une raison suffisante pour un(e) cinéphile de bon aloi, mais pas pour les caïds de Paramount et de Warner.
La règle de Bechdel sert aussi à souligner l'immobilisme et le conformisme des productions cinématographiques, eut égard à la représentation des sexes.
Nota : Il est possible de faire un bon film (de genre) mettant en scène uniquement des hommes, mais il faut s'appeler John Carpenter. ***
La règle énonce "trois exigences simples", un film doit :
1/ avoir au moins deux personnages féminins qui…
2/ parlent ensemble de…
3/ quelque chose qui ne soit pas un homme. **
Dans la bande dessinée en question, cette règle sert au personnage à déterminer le genre de film qu'elle souhaite aller voir. Même dans un contexte plus global, il ne s'agit pas du critère ultime et indépassable pour déterminer si un film est bon ou (vaguement) féministe ou les deux ou quoi que ce soit d'intermédiaire. Il est cependant notable que les films (les grosses machines hollywoodiennes comme les productions plus confidentielles) satisfont rarement à cette règle.
Cela souligne cruellement la vision du monde d'une majorité de réalisateurs : un univers peuplé d'hommes qui font des trucs d'hommes (être en proie aux affres de la création, massacrer des gens, copiner avec des robots géants, sauver le monde, etc.) avec, éventuellement, des auxiliaires féminines : mère, sœur, épouse, copine, scientifique à la grosse poitrine… qui n'existent qu'en tant qu'elles se définissent par rapport au(x) protagoniste(s) masculin(s).
Le fait que le milieu du cinéma (dirigeants des studios, réalisateurs, scénaristes) soit très peu féminisé n'y est certainement pas pour rien.
Par ailleurs, la notion selon laquelle une histoire mettant en scène principalement des femmes occupe une niche particulière est toujours prégnante : les histoires "universelles" étant des histoires d'hommes, qu'il s'agisse d'être en proie aux affres de la création, de massacrer des gens, de copiner avec des robots géants et/ou de sauver le monde.
Cette idée vaut pour pratiquement toutes les formes de récits (voire, d'art) mais elle est particulièrement efficiente dans le cas du cinéma, qui est un art (parfois) et une industrie (souvent). Dans ce contexte, une rumeur selon laquelle Warner Bros. a décidé d'arrêter de produire des films avec un homme comme personnage principal est tellement absurde qu'elle ne peut pas se propager, mais l'inverse peut être crédible (avant démenti).
Pourquoi faire des films pour ce qui est considéré comme un marché de niche (les femmes, qu'il faut encore subdiviser par âge) quand les histoires "universelles" attirent un public plus massif et plus varié ? (voire, susceptible de retourner voir 300 ou Transformers trois ou quatre fois).
Parce qu'en appliquant la règle de Bechdel Transformers (3ème au box-office US) et 300 (8ème au box-office US) n'existent plus ? Cela peut constituer une raison suffisante pour un(e) cinéphile de bon aloi, mais pas pour les caïds de Paramount et de Warner.
La règle de Bechdel sert aussi à souligner l'immobilisme et le conformisme des productions cinématographiques, eut égard à la représentation des sexes.
Nota : Il est possible de faire un bon film (de genre) mettant en scène uniquement des hommes, mais il faut s'appeler John Carpenter. ***
- Voir le strip d'Alison Bechdel extrait de Dykes to watch out for : The Rule
* Récemment, elle a gagné en notoriété après un passage sur les blogs féministes US, notamment Pandagon.
** I only go to a movie if it satisfies three basic requirements. One, it has to have a least two women in it, who, two, talk to each other, about, three, something beside a man.
*** The Thing (1982). Notons tout de même que MacReady trouve le moyen d'insulter l'ordinateur qui le bat aux échecs et dont la voix est féminine (Adrienne Barbeau) !

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