Noel Gallagher doesn't look back in anger
Le Guardian publie un assez long papier sur Noel Gallagher, c'est de saison pour la presse anglaise, Oasis étant en tournée pour la promotion de Dig Out Your Soul, dernier album en date des frangins mancuniens. Si le journaliste note que le groupe est toujours apprécié, il formule assez bien le point de vue de ceux qui ne partagent pas cet enthousiasme : “Though it is also true that plenty of people can't stand the band, regarding them as crass copycats, playing 100 variants of the same song - when they're not ripping off the Beatles, they're ripping off themselves”. *
La dernière grande interview de Liam Gallagher dans Q Magazine était plutôt décevante : il aime Bob l'éponge et se fait désormais appeler "le Roi Saumon", compte tenu de ses nouveaux principes diététiques (et aussi, la coupe au bol, c’est atroce).
Our Kid s’en sort mieux dans le Guardian, son côté vieux grincheux étant opportunément mis de côté pour se concentrer sur une rétrospective dépassionnée du parcours d’Oasis, ses rapports avec les évolutions globales de l’Angleterre, des années Thatcher à Blair (remember Cool Britannia), la gé-guerre avec Blur, les tensions internes au groupe, le passage classique par la phase drogue à gogo et entourage envahissant (Kate Moss inside), les albums “classiques” de la jeunesse suivis par des productions médiocres...
La relation fracturée entre Noel et Liam est également évoquée, la hargne fratricide faisant partie intégrante d’Oasis, les bagarres, les coups bas, les menaces de dissolution, les piques empoisonnées... De fait, les Gallagher sont des frères ennemis véritablement liés par le sang, à l’inverse des Glimmer Twins par exemple, qui se proclament jumeaux sans l’être. La relation amour - haine de deux membres d’un groupe pop / rock anglais est un grand classique indépassable, dans le cas des frères Gallagher cependant on peut exclure l’homoérotisme plus ou moins réprimé pour le remplacer par quelques névroses familiales (la légende veut que Noel ait asséné cette répartie imparable à Liam : ”I watched you being born !”). Pour Noel, la source de toute cette animosité réside dans le différentiel de chance entre lui et son cadet :
The thing is, he says, Liam was born lucky. Fact. "I'm not jealous of him, but I can't understand why someone would get on stage and attack me and not him." A few months ago a "fan" in Canada pushed Noel off stage and he broke three ribs. "If ever there's a bottle thrown on stage, it always manages to miss him and hit me in the back of the head. My point is he always lands on his feet. I always land on my arse. I've always had to work for everything I've got, and he's always just in the slipstream." **
Noel Gallagher parle également du fait qu’en tant que rock star richissime de 41 ans, il n’est plus en position d’être en communion avec un public qui lui ressemblerait en tout, comme à ses débuts. Il parle du temps où “vous ressemblez à votre public, vous vous habillez comme lui” (you look the same and you dress the same as your audience). Sachant qu’à leurs débuts, les membres d’Oasis, et singulièrement les frères Gallagher, s’habillaient comme des sacs, daltoniens de surcroît, il aurait pu en profiter pour remercier le fashion designer qui les a repris en main. Même si, dans son cas particulier, il a un peu trop poussé l’option clone de Scott Walker.

Si c'était pas marqué, on ne saurait pas qui est qui...
- 'Who wants to be a drug addict at 41?' - The Guardian (06/12/08)
* Même s’il est aussi vrai que beaucoup de gens ne supportent pas le groupe, les considérant comme de grossiers copieurs, jouant 100 variations de la même chanson, quand ils ne pillent pas les Beatles, ils se pillent eux-mêmes.
** Le truc, dit-il, c'est que Liam est né chanceux. C’est un fait. “Je ne suis pas jaloux de lui, mais je ne comprends pas pourquoi quelqu’un monte sur scène et m’attaque moi et pas lui”. Quelques mois plus tôt au Canada un “fan” a poussé Noel hors de la scène et il s’est casse trois côtes. “Si jamais une bouteille est lancée sur scène, elle parvient toujours à le manquer et à me frapper derrière la tête. Ce que je veux dire, c’est qu’il retombe toujours sur ses pieds. Moi, je retombe toujours sur le cul. J’ai toujours dû travailler pour tout ce que j’ai eu, et lui il est toujours simplement dans le sens du courant”.

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire