mardi 25 novembre 2008

Marianne & Metallica

En lisant la seconde autobiographie de Marianne Faithfull, Memories, Dreams and Reflections (2007), on peut s'étonner de ne pas y trouver d'allusion à sa collaboration avec Metallica sur la chanson The Memory Remains (album ReLoad, 1997).

Mais récemment, un des internautes participant au chat Télérama (19/11/08) avec Faithfull lui a posé une question en rapport avec cette intrusion un peu inattendue dans le metal :
Jaybee : Parlez-nous de votre collaboration avec Metallica, en 1997 sur la chanson The memory remains. Une association assez étonnante à première vue, non ?

Marianne Faithfull : J'ai vraiment apprécié de travailler avec Metallica, nous nous sommes bien amusés lors de l'enregistrement à Dublin et lors du tournage du clip à Los Angeles. Je suis une immense fan de Metallica.

Le clip dont il est question met en scène le groupe sur une sorte de plateforme pivotante pendant que Marianne Faithfull interprète ses vocalises (le texte de son refrain se limitant à "Nananananana") tout en jouant de l'orgue de barbarie, habillée en clown triste.

Un accoutrement qui rappelle un peu Gelsomina dans La Strada. Ce qui n'est d'ailleurs pas la seule référence cinématographique rattachée à la chanson, qui parle d'une star désuète (faded prima donna) et qui pourrait avoir été inspirée par Sunset Boulevard (Heavy rings hold cigarettes / Up to lips that time forgets / While the hollywood sun sets / Behind your back).

Hetfield et Ulrich, qui co-signent la chanson, en profitent également pour compléter la formule usuelle accompagnant les obsèques anglophones avec un terme cinématographique (Ash to ash / Dust to dust / Fade to black, ou comme James Hetfield le chante, “Fade to blaaaaaaaaack”). De façon plus subtile, on peut (difficilement) entendre Marianne Faithfull murmurer à la fin de la chanson "Say yes... at least say hello", une portion de dialogue extraite des Misfits de John Huston.





jeudi 20 novembre 2008

Wolverine est l'homme le plus sexy du monde

Wolverine, le plus beau marcel de la MarvelThe sexiest mutant alive !


Hugh Jackman a été désigné par le magazine People "Sexiest Man Alive" de 2008. Normal, c'est quand même Wolverine.

La tradition un peu ridicule de nommer "l'homme le plus sexy" de l'année a débuté en 1985, avec un autre australien, Mel Gibson (ugh...). L'année dernière, c'est Matt Damon qui recevait le titre, "you gave an aging suburban dad the ego boost of a lifetime", commentait-il, modestement. Ses amis Clooney et Pitt avaient déjà été couronnés deux fois, respectivement en 1997 / 2006 et 1995 / 2000.

La formulation anglaise ne manque pas d'interroger. On comprend bien que "alive" est précisé pour distinguer la dénomination des sempiternelles listes des "sexiest movies stars of all time". Mais, quelque part, on ne peut pas s'empêcher de penser (espérer) qu'il existe aussi un "Sexiest Man Dead" et que des zombies sont impliqués...

Bref, cette consécration intervient alors que Jackman écume les tapis rouges en compagnie de Nicole Kidman pour la promotion de (Out of) Australia, l'équivalent australien d'Autant en Emporte le Vent, de Baz Luhrmann.

Dans ce film, Jackman interprète un cow-boy rugueux capable de convoyer un troupeau de bovins d'un bout à l'autre de l'Australie sous les bombes japonaises pendant la seconde guerre mondiale, de séduire la propriétaire anglaise de tous ces ovidés (Nicole Kidman) et de se pencher sur le sort des enfants aborigènes arrachés à leurs familles pour être éduqués par des Blancs (tout ça en 165 minutes, quand même). Le film sort le 24 décembre en France.

Les premières critiques du film sont mitigées (trop long, trop cliché) et d'aucuns se demandent si le fait d'être couronné himbo (l'équivalent masculin de bimbo) de l'année n'est pas un obstacle insurmontable dans la course à la reconnaissance artistique, et accessoirement aux Oscar. Tandis que d'autres, comme c'est la tradition, proposent des alternatives pour le titre d'homme le plus sexy, ce qui permet de vérifier que la fièvre Mad Men sévit toujours.


vendredi 14 novembre 2008

Katsuhiro Otomo Anthology

La sortie de Katsuhiro Otomo Anthology chez Kana est prévue pour le 28 novembre. Ce recueil d'œuvres de jeunesse du créateur du séminal Akira est composé de dix histoires écrites et dessinées entre 1977 et 1981.

Cette anthologie est éditée dans la collection Sensei de l'éditeur. D'après Livres Hebdo, le premier tirage sera de 15 000 exemplaires, ce qui est loin d'égaler les locomotives du manga (quelques 200 000 exemplaires pour Naruto ou 120 000 pour l'insubmersible Dragon Ball, cf. le bilan ACBD 2007), mais qui reste tout de même honorable.

Le format (18 x 23,5 cm), ainsi que le prix (18 euros), rapprochent l'album d'une bande dessinée classique. Les œuvres d'Otomo ayant toujours été éditées en France dans un format de ce type, qu'il s'agisse d'Akira chez Glénat, dans ses différents incarnations colorisées et noir et blanc, de Mother Sara chez Delcourt ou de Dômu chez les Humanoïdes Associés.

Cette anthologie contient notamment une histoire intitulée Fire Ball, dans laquelle on retrouve des éléments d’Akira, ainsi que Kanojo No Omoide, qui a inspiré le segment "Magnetic Rose" dans l'adaptation animée de trois histoires d'Otomo réunies sous le titre Memories.

Toujours d'après Livres Hebdo, Moebius / Jean Giraud, une des influences majeures d'Otomo, a joué un rôle dans la traduction / édition française de la Katsuhiro Otomo Anthology. Il existe par ailleurs un tome 2, pour lequel les négociations sont en cours.

Sources : Livres Hebdo n° 754 – 14/11/2008 + Catsuka

lundi 10 novembre 2008

Hope : de la création des icônes modernes

Hope - Nope

The Guardian a mis en ligne une galerie d'images qui détournent le poster désormais célèbre de Barack Obama accompagné du mot "Hope". Les candidats républicains, le Pape et Amy Winehouse font partie des victimes de détournements.

Le poster originel n'est pas une création de l'équipe de campagne du nouveau président, pourtant hyper-active, mais un "exercice phénoménologique" dû au graphiste Shepard Fairey (l'inventeur des stickers "Obey"). Dans une vidéo présente sur son site, Fairey explique comment il a créé cette nouvelle icône politique.



dimanche 9 novembre 2008

Vampires superstars

Bella et EdwardAvec la sortie prochaine (aux États-Unis) de l'adaptation de Twilight (Fascination), le roman de Stephenie Meyer, la machine promotionnelle tourne à plein. Les médias semblent également miser sur un hit potentiel.

Entertainment Weekly propose 3 couvertures "collector" des deux protagonistes Bella et Edward (une chacun + le couple) tandis que Vanity Fair consacre une série de photographies à tous les acteurs du film.

Un des articles d'Entertainment Weekly examine les possibilités que Twilight soit (enfin) une bonne affaire pour le studio Summit Entertainment. La réalisatrice, Catherine Hardwicke, écarte les parallèles inéluctables avec la saga des Harry Potter, après tout il ne s'est vendu "que" 18 millions d'exemplaire de la série de Meyer (contre quelques 400 millions des 7 volumes de J.K Rowling).

L'enjeu essentiel étant d'attirer un public de garçons, pour ce qui est, essentiellement, une histoire d'amour dont le personnage principal est, circonstance aggravante, une fille. Heureusement, il y'a des vampires qui se déplacent comme dans Matrix (et qui grimpent aux arbres). D'après Hardwicke, Twilight doit engranger 150 millions de dollars pour que la suite, New Moon (Tentation), voit le jour.

Comme l'expérience de la Boussole d'or l'a démontré, l'adaptation cinématographique d'un roman de fantasy possédant une large audience préalable ne garantit pas que la suite sera mise en oeuvre. Pourtant, la scénariste de Twilight travaille dores et déjà sur New Moon !

Les héros de Stephenie Meyer ont l'avantage d'être des ados dans un système hollywoodien qui, tel les vampires de l'hitoire, raffole de chair tendre. Ce que le photoshoot de Vanity Fair démontre amplement. Comme le note Colin Boyd, le making of ressemble à la confection d'un nouveau catalogue pour Abercrombie & Fitch !

Dans l'article The Twilight Zone, James Wolcott est plutôt acerbe avec les ressorts dramatique des romans et le style de Stephenie Meyer :
In the novels it gets monotonous having Bella sigh over how breathtaking Edward is every time he materializes, subjecting the reader to dumb-bunny clunkers such as this beaut : "Edward stood in the halo of the porch light, looking like a male model in an advertisement for raincoats."
Pourtant, il admet que le film l'a fait se "sentir comme une jeune fille de 14 ans à nouveau" (sic). Les acteurs lui semble particulièrement bien choisis, notamment Robert Pattinson / Edward Cullen, en qui il voit un "James Dean of the undead, with a jot of the Dylanesque"...

Twilight sort le 17 novembre aux États-Unis et le 7 janvier 2009 en France (dur pour les fans français !).



mardi 4 novembre 2008

Une chanson de circonstance

lundi 3 novembre 2008

Gagner plus pour gagner plus, c’est un art

En septembre, peu de temps avant la mise aux enchères de 223 de ses œuvres à Sotheby's, Time Magazine a consacré un article à Damien Hirst, l'artiste anglais qui est devenu une cash cow à coup notamment de cadavres d'animaux baignant dans des bocaux de formol (dernier en date, le bien nommé Veau d'or, vendu 18 millions de dollars).

L'article est assez éclairant sur le "système Hirst" : sa centaine d'assistants, les rôles déterminants de Charles Saatchi et Frank Dunphy, respectivement en amont et en aval de sa carrière, sa capacité à faire fructifier son capital artistique (Hirst est supposé valoir quelque 360 millions de dollars), l'emballage de toute la démarche dans une rhétorique du "commentaire incisif" sur le marché de l'art...

D’ailleurs, l'article insiste sur l'extraordinaire fortune, au deux sens du terme, d'un gamin passé de la sinistre banlieue de Leeds aux aréopages des ploutocrates les plus indécemment riches de la planète. Ceux-là même à qui sont destinés les Veaux d'Or et autre crâne serti de plus de 8000 diamants (For the love of God).

A ce propos, on apprend que le premier acheteur de cette œuvre qui a défrayé la chronique (en France, elle s'est retrouvée en couverture du Courrier International n° 932 sous le titre "Ceux qui ignorent la crise : Les ultra-riches vous saluent bien") est un consortium auquel appartiennent… Frank Dunphy et Damien Hirst ! Lesquels attendant que l'œuvre circule dans quelques musées, histoire de "doubler son prix".

Damien Hirst possède ainsi la faculté de (re)devenir millionnaire en vendant une seule de ses oeuvres, mais il n’est pas le seul. Un encart de l'article du Time Magazine (non reproduit en ligne) liste quelques célébrités et leurs gains records réalisés en une seule journée :
  • Howard Stern – 219 millions de dollars
    Le bonus en actions reçu par l’animateur quand son émission a débuté sur Sirius, la radio par satellite.

  • 50 Cent – 100 millions de dollars
    En 2007, Coca-Cola a racheté le fabriquant de Vitamin Water, un produit vanté par le rappeur en échange d’actions.

  • Oscar de la Hoya - 55 millions de dollars
    Une prime de combat record pour affronter Floyd Mayweather en 2007. Oscar de la Hoya a perdu ce combat.

  • Tiger Woods - 11 millions de dollars
    Les gains des deux titres remportés en un jour de septembre 2007 : le Tour Championship et la FedEx Cup.

Howard Stern et Curtis Jackson (50 cent) ont réalisé leurs exceptionnels profits via des mouvements de titres, preuve que la Bourse, ça peut rapporter ! En l'occurrence, c’est leur notoriété qui sert de levier à ce pactole.
Oscar de la Hoya et Tiger Woods officient quant à eux dans des sports qui drainent énormément d’argent (encore que les boxeurs voient souvent les gains prodigieux qu’ils génèrent détournés par maints intermédiaires).

Animateur radio potache (et misogyne), rappeur canardé (et misogyne), champion de golf et de boxe ou artiste contemporain, voilà les professions (ou reconversions) à envisager, pour faire la nique à la crise !